Quelle présence pour les réseaux sociaux… sur les réseaux sociaux ? [Etude]

On dit des cordonniers qu’ils sont les plus mal chaussés : les réseaux sociaux sont-ils pour leur part sociaux, et si oui, dans quelle mesure ?

Méthodologie

Pour réaliser cette étude, nous avons sélectionné huit réseaux sociaux incontournables en France en 2013, et pour chacun d’entre eux nous avons étudié sa présence sur sa propre plate-forme ainsi que sur les sept autres. Les huit réseaux sociaux concernés sont (par ordre alphabétique) :

  •  Dailymotion
  • Facebook
  • Google+
  • LinkedIn
  • Pinterest
  • Twitter
  • Viadéo
  • YouTube

Tous les chiffres cités datent du 25 juillet 2013.  Pour chacun des réseaux sociaux nous avons relevé le nombre d’abonnés plateforme par plateforme. Puis nous avons attribué à chacun une note, en fonction de critères mathématiques simples et transparents, basés sur le barème suivant :

  • 1 à 100 abonnés : +1
  • 100 à 1 000 abonnés : +10
  • 1 000 à 10 000 abonnés : +20
  • 10 000 à 100 000 abonnés : +30
  • 100 000 à 500 000 abonnés : +40
  • 500 000 à 1 000 000 abonnés : +50
  • 1 000 000 à 10 000 000 abonnés : +100
  • Plus de 10 000 000 abonnés : +500

Ce choix de barème permet à la fois de tempérer l’ampleur de certains réseaux sociaux (Facebook a plus d’abonnés sur Facebook que ce qu’il y a d’habitants en France) sans pour autant la niveler. D’un autre côté, il valorise les réseaux sociaux ayant choisi d’être présents sur d’autres plateformes que la leur, y compris au sein de communautés plus modestes.

Est-il besoin de le préciser : cette étude n’a d’autre ambition que d’atteindre une valeur simplement indicative, bien entendu non sur la valeur technique – ou même affective – des réseaux sociaux concernés, mais sur leur volonté d’être représentés et suivis sur d’autres réseaux que le leur.

Par ailleurs, nous ne nous sommes donc pas intéressé ici à des éléments aussi primordiaux que la régularité de publication, l’optimisation visuelle des profils, ou encore la cohérence de la ligne éditoriale : cela mériterait d’être étudié indépendamment pour chaque réseau social.

A noter deux grands absents, laissés arbitrairement de côté pour cette étude, mais sans doute présents lors des prochaines : les réseaux sociaux Vine et Instagram. Et puis, qui sait, un jour pourrons-nous également faire figurer Pour Les Patrons (dont le lancement est prévu pour septembre) dans ce classement.

Nous restons bien entendu ouverts aux remarques et corrections.

Le Podium

1. YouTube : 1260 points

YouTube arrive en tête de notre classement – et ce n’est pas pour rien : bien que derrière Facebook en ce qui concerne le nombre d’abonnés sur Facebook, YouTube est le seul réseau social à y dépasser également les 75 millions d’abonnés.

Mais ce n’est pas tout : YouTube s’offre aussi le luxe de cumuler la plus grosse communauté YouTube (à tout seigneur, etc.), mais aussi – et là c’est un exploit – la plus grosse communauté Twitter (devant Twitter même), ainsi que la plus grosse communauté Google+ (là encore devant Google+).

Ajoutons à cela une bonne représentation sur les autres réseaux sociaux, à l’exception de nos deux français (Viadéo et Dailymotion).

YouTube 2. Facebook : 1090 points

Facebook arrive en deuxième position, pour 10 points seulement de différence avec Twitter ! Et à y regarder de plus près, ces dix points supplémentaires sont amplement justifiés.

Tout d’abord, Facebook a la plus grosse communauté Facebook : plus de 93 millions d’abonnés. C’est plus de 80 millions de plus que Twitter.

Sur Twitter, Facebook n’a « que » dix millions d’abonnés, moitié moins que Twitter lui-même. Mais la différence entre les tailles de leurs communautés reste tout de même moins disproportionnée que sur Facebook.

Notons également un nombre conséquent d’abonnés sur LinkedIn (Facebook fait donc bien rêver), bien loin du 1,4 million d’abonnés de Google toutefois.

Enfin, Facebook est absent de Google+, ainsi que de Dailymotion et Pinterest.

Facebook 3. Twitter : 1080 points

Twitter complète ce podium, avec 10 points de moins seulement que Facebook. Le dernier surdoué des réseaux sociaux bénéficie d’une communauté Facebook plus que respectable (10 millions d’abonnés), ainsi que d’une communauté Twitter naturellement très importante (21 millions de followers).

Notons que Twitter est absent de Google+, de Pinterest, ainsi que de Dailymotion.

Twitter

La suite du classement

 4. Pinterest : 290 points

Avec Pinterest nous redescendons dans notre classement à une vitesse vertigineuse, du fait de la différence énorme de taille des communautés concernées. Et si Pinterest boude Google+, Dailymotion et Viadéo, il reste très bien représenté sur Facebook et Twitter (plus de 4 millions d’abonnés à eux deux).

Pinterest s’approprie également le titre de plus grosse communauté Pinterest. C’est dans l’ordre des choses.

Pinterest 5. Google+ : 250 points

Google+ s’offre le luxe de bouder à la fois Facebook, Twitter, Dailymotion et Pinterest : il faut dire que chez Google, on n’a pas vraiment besoin de se faire connaître… et le nombre d’abonnés LinkedIn qui en fait la plus grosse communauté LinkedIn de notre classement en est une preuve suffisante.

Google+ 6. LinkedIn : 170 points

Au vu de son statut de leader mondial sur le marché des réseaux professionnels, on aurait peut être attendu LinkedIn plus haut dans ce classement. Or tout en jouissant d’une représentativité plus que correcte, LinkedIn reste tout de même sixième sur huit, alors qu’il n’est absent que de Dailymotion et Pinterest. Aucune de ses communautés – pas même celle sur son propre réseau social – ne dépasse le million d’abonnés, ce qui contraste avec les 225 millions d’utilisateurs revendiqués du site.

LinkedIn

7. Dailymotion : 161 points    

S’il est avant dernier du classement, Dailymotion a tout de même un grand mérite, celui d’être le seul présent sur tous les autres réseaux sociaux ! Nuançons tout de suite en soulignant qu’il est en revanche le plus boudé : seuls deux autres réseaux sociaux de notre étude y sont présents.

Soulignons également que le réseau social français de vidéo, qui est en pleine phase de relance après son rapprochement avorté avec Yahoo!, dispose d’une communauté Facebook approchant désormais le million d’abonnés.

Dailymotion

8. Viadéo : 111 points

Le réseau social professionnel français compterait près de 50 millions de membres dans le monde : si c’est le cas, ceux-ci semblent singulièrement passifs sur les réseaux sociaux. Ils ne sont que 20 000 à suivre l’entreprise française sur Facebook, moins de 8 000 sur Twitter, moins de 300 sur YouTube, et 3 (!) sur Dailymotion. Des chiffres qui amènent pour certains à se demander si Viadéo, qui vend à ses utilisateurs de la social efficacité, n’est pas un peu en manque de pratique pour lui-même.

Souhaitons-lui bien entendu de faire de la décennie qui vient une ère de développement tous azimuts et de porter bien haut les couleurs de la French Touch – et pour ce faire de tourner très vite la page des polémiques actuelles.

Viadéo

Conclusion

Tableau Réseaux sociauxYouTube arrive haut la main en tête de ce classement, avec trois pôles positions sur huit. C’est déjà en soi une surprise, tant Facebook paraît dominer le marché des réseaux sociaux. YouTube, aujourd’hui propriété de Google, peut donc bien être considéré comme le meilleur atout de la marque californienne dans son positionnement social media. Facebook reste pour autant très bien placé, presque à égalité de points avec Twitter.

La déception principale de ce classement concerne les réseaux sociaux professionnels : LinkedIn est en sixième position, alors qu’il est leader dans sa catégorie ; quant à Viadéo, même si on ne l’attend pas au niveau d’autres mastodontes, il semble laisser à l’abandon certaines de ses communautés plutôt que d’en faire le fer de lance de son développement économique et commercial – ce qui, pour un réseau social, relèverait de la cohérence.

Autre sujet d’inquiétude, Dailymotion : boudé par trois réseaux sociaux sur quatre, son manque de visibilité internationale amène à considérer son rapprochement raté avec Yahoo! comme une opportunité tragique dans son dénouement. Certes, Orange compte recapitaliser l’entreprise : éternel syndrome français qui amène ses « élites » à penser qu’il suffit de financer pour réussir. Orange a en ceci la mémoire courte : le destin du minitel devrait en 2013 éclairer quant au danger d’une stratégie franco-française de développement.

Mais il est vrai qu’Orange s’appelait à l’époque France Télécom : ça change tout.

Stéphane Ozil (93 Posts)

Co-fondateur et président de Ozil Conseil SAS : Médias Sociaux et Contenus Editoriaux. Docteur (PhD) en langue et littérature françaises.


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