Quel est le point faible de Facebook face à Google Plus ?

Depuis que Google+ a été lancé en juin 2011 il se passe rarement une semaine sans que ne fusent ça et là des ricanements se voulant subtils prenant pour cible ce « réseau fantôme », incapable malgré les moyens de Google de venir chatouiller la cheville de Facebook.

Google Plus vs FacebookUne rivalité réelle

Dans les faits, et surtout dans les perspectives, la réalité semble moins manichéenne. Déjà parce que du point de vue des chiffres Google Plus se porte plutôt bien : le cabinet Global Web Index plaçait en décembre 2012 Google Plus en deuxième position derrière Facebook et devant YouTube, avec 343 millions d’utilisateurs actifs (contre 693 millions pour Facebook).

Top Social Network 1Cela signifierait donc qu’en moins de deux ans, Google+ aurait réussi à se construire un socle équivalant à 50% du nombre d’utilisateurs de Facebook. Or Facebook a eu presque 10 ans, dont la plupart de monopole, pour séduire ses propres utilisateurs.

Facebook ou la stratégie du citron pressé

Facebook a annoncé il y a peu la commercialisation auprès de ses utilisateurs des publications de leurs amis, censée viser notamment les oeuvres de charité, voire des évènements ou des annonces sociales. Avant cela, il y avait eu celle des publications proprement dites, vues désormais par seulement 10 à 20% des fans sans financement. A ce rythme, certains en viennent à se demander si Facebook ne doit pas être rebaptisé « réseau payant » plutôt que « réseau social ».

En ceci Facebook suit pourtant une ligne stratégique simple parce qu’unique : le seul bien commercialisable de Facebook, c’est la visibilité sur Facebook. Son levier, ce sont les données. Lorsque l’utilisateur, professionnel ou non, s’inscrit sur Facebook, il devient un citron qui a vocation à être pressé petit à petit et avec son consentement pour devenir utile à la marque Facebook.

D’où, effectivement, la sensation progressive pour l’utilisateur de se heurter à de plus en plus nombreuses cloisons financières au sein d’un espace qu’il avait cru être construit pour lui, au service de sa liberté d’expression.

Google Plus ou la stratégie de la station-service

Chez Google (Plus), les impératifs et donc la stratégie ne sont pas les mêmes : Google possédait avant Google+ son propre modèle de développement économique centré autour du moteur de recherche. La commercialisation des campagnes Adwords, pour ne parler que d’elles, avait déjà assuré à la firme un revenu pour le moins substantiel.

La stratégie de Google avec Google+, ce n’est donc pas a priori de  créer un concurrent au modèle économique de Facebook, mais plutôt de créer un réseau social performant et innovant, débarrassé des contraintes financières propres à Facebook, par-là susceptible de recueillir progressivement les déçus de Facebook – et les données qu’ils supposent, bien entendu.

En d’autres termes, il s’agit de la stratégie de la station-service, adoptée par les principales enseignes de la grande distribution depuis des décennies : loin de faire du carburant un produit rentable, ces enseignes en ont fait un produit d’appel et de racolage, partant du postulat (justifié depuis) selon lequel le consommateur venant s’approvisionner en carburant chez elles avait de plus grandes chances d’être séduit par le reste de leurs produits.

Ainsi en est-il de Google Plus : ce réseau social, qui a récemment innové avec succès concernant les communautés Google, développera certainement au cours des années qui viennent de plus en plus de fonctionnalités ergonomiques mises au service de l’utilisateur avec un désintéressement insolent.

Ce désintéressement n’est bien sûr qu’apparent : le but reste d’une part d’exploiter les données de l’utilisateur, et d’autre part de le convertir si possible aux autres produits Google, jusqu’à ce qu’il devienne « rentable ».

Or dans le même temps Facebook devra s’efforcer de presser de plus en plus le citron qui lui sert d’utilisateur (ou vice-versa) sans pour autant le décourager, de manière à conserver d’une part son statut de leader incontesté et son train de vie somptueux.

Un duel perdu d’avance par Facebook ?

D’un côté, un géant confirmé, Google, dont la marge de manoeuvre tant technique que financière est à ce jour presque illimitée, et dont les impératifs financiers sont nuls quant aux utilisateurs de Google Plus ; de l’autre, un autre géant surdoué, Facebook, dont l’avenir financier passe par la mise à contribution de ses utilisateurs via son unique produit. Décidément, il reste au moins possible de souligner que l’état actuel du rapport de force entre Facebook et Google+ ne semble pas annoncer son issue.

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Stéphane Ozil (100 Posts)

Co-fondateur d’Ozil Conseil, j'accompagne les structures professionnelles sur les médias sociaux. Directeur-conseil, conférencier et formateur, je publie régulièrement mes articles dans Le Cercle Les Echos ou Le Journal du Net. Je suis très attentif à l’actualité économique et aux problématiques d'innovation, particulièrement sur mon territoire d’implantation. Je suis docteur en langue et littérature françaises.


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